Les agriculteurs se mobilisent aux côtés des sapeurs-pompiers

Rencontre avec Emmanuel Coué, agriculteur à Val d’Anast

Vous avez été confronté récemment à un feu de récolte. Pouvez-vous nous raconter ce qu’il s’est passé ?

Cela s’est passé le 3 juillet dernier. Il faisait très chaud ce jour-là. J’étais en train de moissonner lorsque j’ai vu un panache de fumée au loin qui provenait du champ d’un de mes voisins, situé à 2 kilomètres de là. Cela se propageait assez vite. Je me suis approché et j’ai vu que l’incendie continuait à s’étendre en direction d’une ferme laitière et de plusieurs bâtiments d’habitation avec de la végétation à proximité.

A l’aide de mon cultivateur, j’ai effectué une ligne droite pour protéger la maison. Je suis revenu sur mes pas pour retourner la terre un maximum et faire en sorte d’étouffer le feu, ou d’éviter qu’il ne se propage de manière trop virulente.

Pourquoi avoir eu ce réflexe ?

J’ai déjà été confronté à un feu de champ il y a une quinzaine d’années. J’avais rencontré un problème de frein sur ma moissonneuse et cela avait créé un échauffement. Après cet événement marquant, j’ai voulu faire en sorte d’être mieux préparé à intervenir dans ce type de situation. Je me suis rapproché des sapeurs-pompiers qui m’ont donné un conseil simple : faire en sorte de retourner la terre le plus possible sur les contours du feu, en partie non brûlée, dans l’objectif de dégager un maximum les chaumes et la paille. Le but est qu’il n’y ait plus de combustible pour alimenter le feu, et qu’il puisse s’éteindre tout seul.

Depuis, j’attelle systématiquement mon cultivateur et je le positionne à proximité du champ pour être prêt à intervenir en cas d’incendie. Et cela a fonctionné car mon intervention a permis de maîtriser le feu et d’éviter qu’il ne s’étende ! Cette action a permis aux sapeurs-pompiers de l’éteindre beaucoup plus facilement.

Quelle est la bonne pratique à avoir en cas de départ de feu de récolte ?

Le plus efficace, c’est de disposer d’un cultivateur qui possède 3 rangées de lames, de manière à aérer la terre le plus possible.

Il faut effectuer le contour du champ sans être trop proche du feu pour ne pas prendre de risque.

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L’avis du commandant Sébastien Durdux, référent départemental adjoint feu de forêt

« Pour traiter un feu de champ, il faut réagir vite et l’attaquer massivement tout de suite. Cela va très vite. A Guignen en juin dernier, un agriculteur a perdu rapidement 5 hectares. Le réchauffement climatique va nous exposer plus fréquemment à ce type de risques, c’est pourquoi nous devons nous y préparer. Les agriculteurs ont un roôle important à jouer dans la prévention de ces risques. Il est donc important de diffuser les bonnes pratiques. Retourner la terre à l’aide d’un cultivateur aux abords du feu sans trop s’approcher est une technique qui permet de couper rapidement la propagation du feu. Ensemble, protégeons nos forêts et vos exploitations ! »

Nos conseils

Quand je réserve la moissonneuse, j’attelle le cultivateur en précaution.

Chaque année, les sapeurs-pompiers interviennent en moyenne sur 50 feux de récolte.

Cela n’arrive pas qu’aux autres.

Equipez-vous d’un cultivateur prêt à intervenir.

En cas d’incendie, brasser la terre autour du feu va limiter sa propagation.

Les premières heures sont précieuses…

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